Qui sont-ils ?

Saint José Sánchez del Rio
Saint Juan Diego
Bienheureuse sœur María Romero Meneses
Saint Oscar Arnulfo Romero
Saint Jean Bosco
Saint Jean-Paul II
Saint Martin de Porres
Sainte Rose de Lima

Saint José Sánchez del Rio

Martyr mexicain, mis à mort, parce qu’il refusait de renier sa Foi.

José Sanchez del Rio, « Joselito », meurt martyr à 15 ans lors de la guerre des Cristeros au Mexique. À cette époque, beaucoup de chrétiens se sont soulevés et ont lutté contre la législation anti-chrétienne, promulguée en 1926, interdisant le culte public et ordonnant la fermeture des églises.

Sa vie

Né dans la région de Michoacan, l’une des plus religieuses du Mexique, Joselito a 13 ans quand éclate la guerre civile des Cristeros. Il demande la permission à ses parents de se joindre à l’armée des Cristeros. En raison de son jeune âge, sa mère et le général cristero Gorostieta refusent. À force d’insistance, le général l’admet comme porte-étendard de la Vierge de Guadalupe et non comme soldat armé. Il prie le rosaire durant la nuit avec les membres de l’armée improvisée et les encourage à défendre leur foi.

Lors d’un affrontement entre les troupes du gouvernement et les Cristeros, le 25 janvier 1928, le cheval du général est tué. Sans hésiter, pour qu’il ne soit pas fait prisonnier, Joselito lui donne le sien : « Mon général, prenez mon cheval et sauvez-vous : vous êtes plus nécessaire et manqueriez plus à la cause que moi ». Le 6 février, Joselito est fait prisonnier. Il est emmené devant le général ennemi. Ce dernier lui reproche de combattre contre le gouvernement. En voyant sa détermination et son courage, pour éviter les problèmes, le général lui propose de rejoindre le camp du gouvernement mexicain. José refuse : « Jamais, jamais ! Plutôt mourir ! Je ne vais pas faire union avec les ennemis du Christ Roi ! Fusillez-moi ! »

Joselito est emprisonné dans l’église de Saint-Jacques de Sahuayo où il a reçu le baptême enfant et qui, depuis la guerre, a été transformée en caserne et prison. Il y prie tous les jours le chapelet. Il demande de l’encre et du papier pour écrire à sa mère. Il lui dit : « Ma chère maman, j’ai été fait prisonnier au combat aujourd’hui. Je crois que je vais mourir ici et maintenant, mais peu importe, maman. Soumets-toi à la volonté de Dieu. Ne te préoccupe pas de ma mort. Avant tout, dis à mes frères de suivre l’exemple que je leur donne. Tu feras alors la volonté de Dieu, sois courageuse et donne-moi ta bénédiction avec celle de mon père. Salue tout le monde de ma part une dernière fois. Tu recevras le cœur de ton fils qui t’aime tant et qui désirais te voir avant sa mort. José Sanchez del Rio ».

Quatre jours plus tard, dans la nuit du 10 février 1928, il est torturé et exécuté. Deux témoins de son martyre ont raconté que les soldats lui ont arraché la peau de la plante des pieds avec un couteau. Ensuite, ils l’ont fait marcher jusqu’au cimetière pendant qu’ils le frappaient. Ils ont voulu l’obliger à apostasier sa foi par la torture, mais ils n’y sont pas arrivés. Seules ses lèvres remuaient pour crier : « Vive le Christ Roi et Sainte Marie de Guadalupe ! ». Au cimetière, il est tué par balles. Sans recevoir de cercueil ni de linceul, des pelletées de terre recouvrent son corps qui reste sans sépulture.

Il repose aujourd’hui dans l’église du Sacré-Cœur de Jésus à Shuayo, son village natal.

Le 20 novembre 2005, José Luis est béatifié. Il est canonisé le 16 octobre 2016 par le pape François.

Spiritualité

Sa foi

Dès son enfance, José Luis vit de sa foi chrétienne. Il participe à la vie de l’Église. Il veut donner sa vie à Dieu. Il se donne un objectif : arriver au ciel. « Maman, il n’a jamais été aussi facile de gagner le ciel qu’aujourd’hui, et je ne veux pas perdre cette opportunité », a-t-il répondu à sa mère face au danger lié à la défense de la foi dans la situation que connait le Mexique à l’époque. Le Christ Roi et la Vierge de Guadalupe sont au centre de sa foi, qu’il alimente par les sacrements, le chapelet, l’oraison et la catéchèse.

Force et courage

Les martyrs sont témoins de la foi. Ils sont capables de donner leur vie pour le Christ et supportent la torture et la souffrance avec Lui. La grâce de Dieu et la puissance de l’Esprit Saint se manifestent dans la faiblesse humaine. La force et le courage du jeune Joselito sont un motif d’admiration et d’imitation du Seigneur. Il est un exemple pour les jeunes d’aujourd’hui. Comme les premiers chrétiens, José n’a pas hésité pas à donner sa vie pour ne pas renier sa foi. Devant la tombe de l’avocat Anacleto Gonzalez Flores, mort martyr le 1er avril 1927, le garçon demanda à Dieu de pouvoir mourir comme lui en défendant la foi catholique.

Générosité

« Il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime» (Jean 15,13). La parole du Seigneur continue de s’accomplir pour ceux qui offrent leur vie avec une générosité totale au service du Seigneur, de son Évangile et de leurs frères.

De bien des manières, à travers des gestes de générosité et de sacrifice, mais en particulier à travers le martyre, Joselito a cédé généreusement son cheval au général cristero en danger. Il a également donné sa vie pour le Christ par le martyre.

Joselito, un témoin pour la jeunesse :


– Donne sa vie pour le Christ
– Fidèle à l’Église et à son message
– Sens du sacrifice
– Dévotion à la Vierge Marie

Saint Juan Diego

Appelé « Cuauhtlatoatzin » (l’aigle qui parle), né à Cuautlitlán, quartier de l’actuelle Mexico, il était un membre de la tribu des Chichimeca.

Peu est connu de sa vie avant sa conversion et son baptême à l’âge de 50 ans, par un des premiers prêtres franciscains, arrivés au Mexique.

Un très ancien document indigène écrit en Nahuatl, en caractères latins, daté de 1556, donne des indications sur sa vie et sur les apparitions.

Le 9 décembre 1531, alors qu’il se rendait à la messe, la Vierge Marie lui apparut sur la colline Tepeyac, à l’extérieur de ce qui est maintenant la ville de Mexico. Elle lui demanda d’aller voir l’évêque et de demander la construction d’un sanctuaire en ce lieu, promettant de donner des grâces à ceux qui l’y invoqueraient. L’évêque ne crut pas Juan Diego et demanda une preuve. Le 12 décembre, Juan Diego retourna à Tepeyac et, là, la Vierge lui dit de monter la colline et de récolter toutes les fleurs qu’il pouvait trouver. Bien que ce soit l’hiver, il trouva des roses que la Vierge plaça dans son manteau et elle lui dit d’aller les porter à l’évêque. Quand il ouvrit son manteau, les fleurs se répandirent sur le sol et à la place resta une image de Notre-Dame, l’apparition de Tepeyac. Avec l’autorisation de l’évêque, Juan Diego vécut en ermite dans une hutte près de la chapelle où l’image miraculeuse a été placée pour la vénération.

Plus profondément que la grâce ‘extérieure’ reçue lors de l’apparition, Juan Diego reçut la grâce ‘intérieure’ de la révélation. À partir de ce moment, il dédia sa vie à la prière, à la pratique de l’amour et de la charité pour Dieu mais aussi pour les hommes.
Béatifié le 6 mai 1990 par Jean-Paul II en la basilique Sainte Marie de Guadalupe, Mexico.

Canonisé le 31 juillet 2002 par Jean-Paul II.

Mémoire de saint Jean Diégo Cuautitlatuazin. De race indienne, d’une foi très pure, avec humilité et ferveur, il fit construire un sanctuaire sur la colline de Tepeyac près de Mexico, où la Vierge Marie lui était apparue et où il fut inhumé vers 1548.

Bienheureuse sœur María Romero Meneses

Religieuse salésienne du Nicaragua.

« Sœur María Romero Meneses, Fille de Marie Auxiliatrice, sut refléter le visage du Christ qui se laisse reconnaître lors de la fraction du pain. Née au Nicaragua, elle accomplit sa formation à la vie religieuse au Salvador et passa la majeure partie de sa vie au Costa Rica. Ces chers peuples d’Amérique centrale, à présent unis dans la joie de sa béatification, pourront trouver chez la nouvelle bienheureuse, qui les aima tant, de multiples exemples et enseignements pour renouveler et fortifier leur vie chrétienne, si profondément enracinée dans ces pays.

Avec un amour passionné pour Dieu et une confiance illimitée dans l’aide de la Vierge Marie, Sœur María Romero fut une religieuse exemplaire, apôtre et mère des pauvres, qui, sans exclure personne, étaient ses préférés. Que son souvenir soit une bénédiction pour tous et que les œuvres qu’elle fonda, parmi lesquelles se détache la « Maison de la Vierge » à San José, continuent à être fidèles aux idéaux qui furent à leur origine! »

« María Romero Meneses est née à Granada de Nicaragua le 13 janvier 1902, dans une famille aisée. Elle trouva en dom Bosco, qu’elle découvrit au collège des Filles de Marie Auxiliatrice, l’incarnation de ses idéaux spirituels… »

À León au Nicaragua, en 1977, la bienheureuse Marie Romero Meneses, des Filles de Marie Auxiliatrice qui prit à cœur la formation des jeunes filles, surtout les pauvres et les abandonnées, au Costa Rica, et qui répandit la dévotion à l’Eucharistie et à la Vierge Marie.

Saint Oscar Arnulfo Romero

Mgr Oscar Arnulfo Romero, archevêque de San Salvador, a été assassiné, à l’autel, alors qu’il célébrait la messe pour les malades du cancer.

Sa vie

Oscar Arnulfo Romero est né à Ciudad Barrios (au Salvador), le 15 août 1917. Ses parents, Santos et Guadalupe ont eu une fille et six fils. À l’âge de douze ans, il est entré au Petit Séminaire de San Miguel, grâce au soutien spirituel et économique de l’évêque Monseigneur Juan Antonio Duenas. Par la suite, il a été envoyé pour étudier à Rome, où il a été ordonné prêtre le 4 avril 1942.

De retour au Salvador, il a été chancelier et secrétaire du diocèse de San Miguel, vicaire général, curé de paroisse, directeur d’associations, de mouvements apostoliques et recteur de séminaire. Il a été secrétaire exécutif du SEDAC (Secrétariat épiscopal d’Amérique centrale). Il a été évêque auxiliaire de San Salvador et il a été finalement nommé archevêque le 22 février 1977.

Toute sa mission a porté sur les soins du clergé et du peuple, la célébration de la liturgie, l’attention portée aux malades et aux pauvres, en accord avec les orientations du Concile Medellin y Puebla. Il a annoncé la Bonne Nouvelle, il a dénoncé le péché et éclairé à la lueur de l’Évangile les dures réalités d’un pays soumis à la violence et aux divisions. Il a appelé au dialogue et à la paix, et il a accompagné les victimes, en réclamant continuellement la conversion de ceux qui agissent avec violence, injustice, impunité et corruption, en particulier les hommes riches et puissants, les guerilleros et l’armée.

Son attitude prophétique lui a fait vivre un authentique calvaire : tentatives de manipulation, insultes et menaces. Le 24 mars 1980, il a été assassiné d’un coup de feu, alors qu’il célébrait l’Eucharistie dans la chapelle de l’Hôpital de la Divine Providence. Il a été béatifié le 23 mars 2015.

Spiritualité

En tant que bon pasteur, il a consacré sa vie à ses brebis, toujours préoccupé par le peuple du Salvador, en particulier par les plus pauvres et les victimes de la violence. Il s’est occupé comme un père des prêtres et des responsables de pastorale, affrontant courageusement de nombreux cas de persécution, d’emprisonnement et d’assassinat de membres du clergé et de catéchistes.

Il a défendu inlassablement la paix, appelant tout le monde à la conversion. Il s’est particulièrement appuyé sur la Doctrine sociale de l’Église et a dénoncé toutes les violations des Droits de l’Homme.

Ses homélies et déclarations ont éclairés la situation conflictuelle du Salvador et ont orienté non sans difficultés l’accomplissement de la mission de l’Église : « La mission de l’Église est de s’identifier aux pauvres, c’est ainsi que l’Église trouve son salut » (11 novembre 1977). « L’Église, qui défend les droits de Dieu, de la Loi de Dieu, de la dignité humaine de la personne, ne peut pas rester en silence devant tant d’abominations. Nous voulons que le gouvernement prenne au sérieux le fait que les réformes ne servent à rien si elles sont mises en œuvre au prix de tant de sang. Au nom de Dieu et au nom de ce peuple souffrant, dont les lamentations montent jusqu’au ciel, chaque jour plus fort, je vous supplie, je vous demande, je vous ordonne au nom de Dieu ; Arrêtez la répression » (23 mars 1980).

Sa mort en martyre a couronné une vie à suivre le Christ, à défendre sa justice, à écouter sa parole avec fidélité et courage malgré les épreuves.

Un modèle pour la jeunesse


– Suivre le Christ
– « Option préférentielle » pour les pauvres
– Fidélité et courage
– Engagement pour la justice sociale
– Appel au dialogue, la paix et la conversion

Saint Jean Bosco

fondateur de la société de Saint-François-de-Sales et de l’Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice.

C’était un fils de pauvres paysans piémontais. Adolescent, il joue à l’acrobate pour distraire sainement les garnements de son village. Devenu prêtre à force de sacrifices, il se dévoue aux jeunes ouvriers de Turin abandonnés à eux-mêmes. Il crée pour eux un centre de loisirs, un patronage, puis un centre d’accueil, puis des ateliers. Rien de tout cela n’était planifié à l’avance, mais ce sont les besoins immenses qui le pressent. Jamais il ne refuse d’accueillir un jeune, même si la maison est petite, même si l’argent manque. Plutôt que de refuser, il multipliera les châtaignes comme son maître multipliait les pains en Palestine. Sa confiance absolue en la Providence n’est jamais déçue. Ses « enfants » seront bientôt des centaines et tous se feraient couper en morceaux pour Don Bosco. Sa mère, Maman Marguerite, vient s’installer près de lui et jusqu’à sa mort, elle leur cuira la polenta et ravaudra leurs vêtements. Très marqué par la spiritualité de saint François de Sales, Jean Bosco invente une éducation par la douceur, la confiance et l’amour. Don Bosco, en 1880, pour ses garçons, il fonde l’Oratoire, l’œuvre, qui sera à l’origine de la congrégation des prêtres salésiens. Pour les filles, il fonde la congrégation de Marie-Auxiliatrice. Don Bosco mourra, épuisé, en butte à l’hostilité de son évêque, qui ne le comprend pas, mais entouré de ses disciples.
Site des religieux Salésiens de Don Bosco.

Don Bosco par thèmes – Pour découvrir la pédagogie et la spiritualité salésienne, il y a aussi la « méthode Don Bosco »…
Don Bosco, Afrique francophone occidentale.

Portail de la Famille Salésienne de Don Bosco.

– Bicentenaire Don Bosco, Histoire, Pédagogie, Spiritualité, 1815-2015, un songe qui continue… L’Oratoire salésien… changer le monde par l’éducation…

Mémoire de saint Jean Bosco, prêtre. Il connut une enfance pauvre et dure, et après son ordination, il mit à Turin toute son énergie à l’éducation des jeunes et fonda la Société de Saint-François de Sales et, avec l’aide de sainte Marie-Dominique Mazzarello, l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, pour enseigner aux jeunes un métier et la vie chrétienne. Après avoir réalisé tant de projets, il mourut à Turin en 1888.

Saint Jean-Paul II

Karol Wojtyla nait à Wadowice le 18 mai 1920, second fils d’un père militaire et d’une mère institutrice. Deux ans plus tôt, la Pologne recouvrait l’indépendance politique, perdue à la fin du XVIIIe siècle.

Karol Wojtyla a été marqué dans sa jeunesse par la disparition de tous ses proches. Il est âgé de 9 ans quand sa mère décède. Quelques années plus tard, son frère aîné meurt prématurément. Puis le père meurt en 1941. Ces épreuves familiales ont pris place dans un contexte historique difficile. Karol Wojtyla a partagé le sort d’une Pologne particulièrement atteinte par les drames du XXe siècle. En 1939, la Pologne perd à nouveau son autonomie avec sa partition entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Après la guerre, elle connaîtra le totalitarisme communiste, jusqu’en 1989.

Le pape Jean-Paul II visitera la Pologne communiste, dès le début de son pontificat en 1979, puis de nouveau en 1983 et en 1987. Les rassemblements populaires suscités par ses visites, son soutien explicite au syndicat Solidarnosc, auront joué un rôle décisif dans la chute du pouvoir communiste en Pologne (1989), premier acte de la débâcle du bloc de l’est. L’action polonaise de Jean-Paul II aura été une des illustrations d’un pontificat marqué par les droits de l’homme et la propagation des conflits armés. En 1979, dès sa première encyclique, Jean-Paul II déclarait : « La paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme […], tandis que la guerre naît de la violation de ces droits et entraîne encore de plus graves violations de ceux-ci ».

L’un des derniers combats de Jean-Paul II aura été son opposition au déclenchement de la guerre en Irak par les États-Unis. Le 13 janvier 2003, devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, il déclarait : « Non à la guerre ! Elle n’est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l’humanité ».

L’expérience ouvrière dans la Pologne occupée : la préoccupation sociale du pontificat

Avant d’entrer au séminaire, Karol Wojtyla a suivi des études de lettres, à l’université Jagellon de Cracovie. Le travail obligatoire imposé par l’occupant nazi interrompra ses études. À partir de la rentrée de 1940 et pendant presque 4 ans, Karol Wojtyla travaillera comme ouvrier dans une carrière de pierre d’abord, puis dans une usine chimique. Jean-Paul II gardera de cette expérience une grande préoccupation pour les problèmes sociaux. En 1979, lors de son voyage au Mexique, il déclarait aux ouvriers de Monterrey : « Je n’oublie pas les années difficiles de la guerre mondiale où j’ai moi-même fait directement l’expérience d’un travail physique comme le vôtre […]. Je sais parfaitement combien il est nécessaire que le travail ne soit pas source d’aliénation et de frustration, mais qu’il corresponde à la dignité supérieure de l’homme ».

Dans l’encyclique Centesimus annus (1991) Jean-Paul II met également en garde contre une forme radicale de capitalisme : « La solution marxiste a échoué, mais des phénomènes de marginalisation et d’exploitation demeurent dans le monde, spécialement dans le Tiers-monde, de même que des phénomènes d’aliénation humaine, spécialement dans les pays les plus avancés […]. Il y a même un risque de voir se répandre une idéologie radicale de type capitaliste qui refuse jusqu’à leur prise en considération, admettant a priori que toute tentative d’y faire face directement est vouée à l’insuccès, et qui, par principe, en attend la solution du libre développement des forces du marché.«

De la résistance par la culture au Conseil pontifical pour la culture

Le jeune ouvrier n’a pas renoncé aux activités culturelles. Il intègre une troupe théâtrale d’avant-garde, qui déploiera ses activités dans la clandestinité. Karol Wojtyla écrira plusieurs compositions poétiques et théâtrales dont certaines, comme la pièce La boutique de l’orfèvre, ont eu par la suite un écho en dehors des frontières polonaises. La création littéraire n’aura pas été délaissée par Jean-Paul II : il sera le premier pape à publier un recueil de poésies (Triptyque romain, en 2003).

L’occupant nazi, comme plus tard, le pouvoir communiste cherchera à briser les racines culturelles de l’identité polonaise. Les activités estudiantines et théâtrales de Karol Wojtyla constitueront une forme de résistance à l’oppression idéologique et politique. Devenu le pape Jean-Paul II, il déclarera le 2 juin 1980, à l’UNESCO, à Paris : « Je suis fils d’une Nation qui a vécu les plus grandes expériences de l’histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité, […] non en s’appuyant sur les ressources de la force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. »

Cette histoire personnelle rencontrait la conviction du concile Vatican II. Celui-ci faisait de la culture l’enjeu essentiel d’une rencontre entre l’Église et les hommes. Jean-Paul II aura donc fait de la culture un axe majeur de son pontificat. En 1982, il crée le Conseil pontifical pour la culture, et en 1993, il lui intègre le Conseil pontifical pour le dialogue avec les non-croyants (créé par Paul VI en 1965). La création de ce nouveau dicastère, présidé depuis le début par le cardinal français Paul Poupard, recevait la mission de promouvoir la rencontre entre les cultures et l’Évangile. Là encore, aux yeux du Pape, un caractère de résistance était attaché à cette mission. En décembre 2000, Jean-Paul II déclarait : « Une culture qui refuse de se référer à Dieu perd son âme en même temps que son orientation, devenant une culture de mort. » (Message pour la 34e Journée mondiale de la Paix).

Sacerdoce et vie intellectuelle : un pontificat face aux défis de la foi

Karol Wojtyla entre en 1942 au séminaire de Cracovie. Du fait de l’occupation nazie, le séminaire était réduit à la clandestinité. Karol Wojtyla a donc conservé son emploi d’ouvrier pendant les deux premières années de séminaire.

Le 1er novembre 1946, l’archevêque de Cracovie, Mgr Sapieha (que Pie XII venait tout juste de créer cardinal) ordonne prêtre Karol Wojtyla, et l’envoie poursuivre ses études à Rome, à l’université pontificale de l’Angelicum. À Rome, le père Wojtyla sera hébergé au séminaire belge, ce qui lui vaudra de conserver une grande aisance en français. Après avoir soutenu sa thèse en juin 1948 sur le mystique espagnol saint Jean de la Croix, il sera rappelé à Cracovie début 1949, pour y exercer une activité pastorale. En 1953, il soutiendra une thèse sur le philosophe allemand Max Scheler, à l’université polonaise Jagellon, fermée l’année suivante par le pouvoir communiste. Professeur vacataire à l’université de Lublin en 1954, il devient titulaire de la chaire d’éthique en 1957.

Le pape Jean-Paul II écrira une encyclique sur les fondements de la théologie morale (Veritatis splendor, en 1993), et une autre sur les rapports entre foi et raison (Fides et ratio, en 1998).

Les occupations intellectuelles du père Wojtyla ne l’ont pas empêché de développer une activité pastorale. Celle-ci s’est orientée en direction des jeunes. Jean-Paul II aura conservé, sa vie durant, une réelle proximité avec les jeunes qui s’exprimera de façon particulièrement forte à travers les Journées Mondiales de la Jeunesse ou « JMJ » (dont Paris en 1997, Rome en 2000 et Toronto en 2002). Ce contact privilégié avec la jeunesse aura comporté une double note de confiance et d’exigence. Aux participants des « JMJ » de Rome, Jean-Paul II déclarait : « Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! […] En l’an 2000, est-il difficile de croire ? Oui, c’est difficile ! On ne peut pas le nier. C’est difficile, mais avec l’aide de la grâce c’est possible. »

Évêque au moment du concile : un pontificat marqué par Vatican II

Le père Wojtyla est ordonné évêque auxiliaire de Cracovie, le 28 septembre 1958. Comme tout évêque catholique, il est convoqué au concile Vatican II, ouvert par le pape Jean XXIII, le 11 octobre 1962, et clôturé par le pape Paul VI, le 7 décembre 1965. Mgr Wojtyla sera invité à apporter sa contribution personnelle au Concile, en étant impliqué dans le travail de rédaction de la constitution pastorale Gaudium et spes.

C’est pendant le Concile, le 13 janvier 1964, que Paul VI nomme Mgr Wojtyla archevêque de Cracovie. Le nouvel archevêque prendra ses fonctions le 8 mars 1964. C’est encore de Paul VI que Mgr Wojtyla recevra le cardinalat, le 28 juin 1967. Du 7 au 13 mars 1976, Paul VI invitera le cardinal Wojtyla à prêcher les exercices de carême de la Curie romaine. Paul VI meurt le 6 août 1978. Mgr Wojtyla est cardinal électeur et prend part au conclave : Jean-Paul Ier est élu le 26 août 1978. Celui-ci meurt un mois plus tard, le 28 septembre 1978. Le cardinal Karol Wojtyla est élu pape le 16 octobre 1978.

Le pape Jean-Paul II se fixera comme objectif la mise en œuvre du concile Vatican II. Le lendemain de son élection, il déclarait : « Nous voulons tout d’abord souligner l’importance permanente du IIe Concile oecuménique du Vatican, et ceci signifie pour nous l’engagement formel de l’appliquer soigneusement. » C’est dans cette perspective que Jean-Paul II réformera le droit de l’Église catholique par la promulgation du nouveau Code de droit canonique, en 1983. Il aura encore voulu offrir un exposé des fondamentaux de la foi catholique, par la publication du Catéchisme de l’Église catholique en 1992. C’est encore l’héritage du concile qui explique l’attachement de Jean-Paul II à l’effort œcuménique. L’encyclique Ut unum sint de 1995, ouvrant aux communautés chrétiennes non catholiques la discussion sur les modalités d’exercice du ministère pontifical, en sera l’un des signes marquants. Les efforts de rapprochement avec le judaïsme et le dialogue interreligieux seront aussi des aspects du pontificat à situer dans la perspective du Concile. À l’égard du judaïsme, Jean-Paul II posera des gestes hautement symboliques, dont l’objectif sera de favoriser le rapprochement avec l’Église catholique.

À cette fin, Jean-Paul II a conduit un « examen de conscience » au sujet des fautes commises à l’encontre des juifs au cours de l’histoire de l’Église. En outre, Jean-Paul II aura donné une visibilité au dialogue interreligieux par exemple à travers sa rencontre avec des jeunes musulmans au grand stade de Casablanca, en 1985, sa visite à la mosquée des Omeyyades à Damas, le 6 mai 2001, et encore les deux rencontres de prière interreligieuse à Assise, en 1986 et en 2002. Tous ces actes procédaient de la conviction du pape Jean-Paul II que le déploiement de l’héritage conciliaire était la manière adéquate de faire entrer l’Église catholique dans le IIIe millénaire.

Saint Martin de Porres

Fils d’une ancienne esclave noire péruvienne et d’un noble espagnol castillan, qui ne voulut pas le reconnaître.

Il supportera, toute sa vie, les humiliations et le mépris que lui attiraient sa naissance illégitime et le racisme dû à la couleur de sa peau. Dès son adolescence, il partageait son pain avec plus pauvre que lui dans les rues de Lima. À 22 ans, il entre comme tertiaire laïc dominicain à Lima, où il accomplira avec beaucoup de délicatesse et de patience sa charge d’infirmier. Sa bonté envers les chiens, les chats et même les dindons est immense, ce qui le rend très populaire auprès des populations indiennes. Un jour qu’il apprend que son couvent est couvert de dettes, il supplie le prieur de le vendre comme esclave puisqu’il est le fils d’une ancienne esclave: « pour être utile au moins à quelque chose dans la communauté. » Ses journées se passent à recevoir, écouter et aider les pauvres. Ses nuits se passent en prière. Bientôt, malgré ses ruses de sioux, tous les frères savent qu’il ‘ne faut pas s’étonner des extases de frère Martin’ à qui le Seigneur donne tant de grâces mystiques.
Canonisé en 1962.

Il est un saint très populaire pour tous ceux qui ressentent qu’on les méprise ou qui souffrent profondément.

Au Pérou, non seulement les frères Dominicains mais tous les croyants ont une grande dévotion pour Saint Martin de Porres.

« Appelé couramment ‘Martin de la charité’, patron de la justice sociale, père des malades et des pauvres, saint Martin de Porrès est un intercesseur hors pair pour tous ceux qui sont dans le besoin. »

Mémoire de saint Martin de Porrès, religieux dominicain. Né hors mariage à Lima, au Pérou, d’un chevalier espagnol et d’une mulâtresse, il dut traverser les difficultés provenant de sa condition de fils illégitime et de sang mêlé, mais dès son enfance il apprit l’art des médicaments, qu’il exerça ensuite largement, devenu religieux, en faveur des pauvres, menant une vie dure et humble de pénitence et de prière, irradiée de charité, jusqu’à sa mort en 1639.

Sainte Rose de Lima

Première sainte du Nouveau Monde, elle fut canonisée en 1671.

Née Isabel De Flores Y Del Oliva, elle était si belle que, déjà quant elle était bébé, on l’appela Rose.

Elle faisait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.
Après une enfance déjà très mortifiée, elle prit l’habit des Sœurs du Tiers-Ordre dominicain et, à demi-recluse dans le jardin de ses parents, se livra à la pénitence et à l’oraison. Avec un zèle ardent pour le salut des pécheurs et des Indiens, pour qui elle souhaitait donner sa vie, elle se soumettait volontiers à toutes sortes d‘austérités et de souffrances, pour les gagner au Christ. Elle mourut le 24 août 1617.

Rose de Flores était la dixième enfant d’une pauvre famille espagnole de Lima au Pérou. Très vite, elle manifeste pour le Christ un amour si violent qu’elle multiplie les austérités. Santa Rosa de Lima a 4 ans et demi, quand elle reçoit la grâce de savoir lire sans avoir appris, l’ayant simplement demandé dans la prière. Elle en profitera pour se nourrir de la vie de sainte Catherine de Sienne qui deviendra son modèle. À 5 ans, elle se consacre à Dieu. À 20 ans, elle prend l’habit des tertiaires dominicaines. Les onze années qui lui restent à vivre, elle les passera, à demi-recluse, dans un minuscule ermitage au fond du jardin de ses parents, dans la prière et une austérité effrayante. En échange, elle reçoit des grâces mystiques étonnantes. Dans le même temps, elle se dévoue au service des indiens, des enfants abandonnés et des vieillards infirmes. Ses visions éveillent les soupçons de l’Inquisition. Elle devra subir des examens et la sûreté doctrinale de ses réponses impressionnera ses interrogateurs. À sa mort, le petit peuple de Lima se presse sur sa tombe pour en recueillir un peu de terre.